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Le nom et ses six casA110 min

À quoi servent les cas

Зачем нужны падежи

Le russe marque la fonction du mot sur le mot lui-même. C'est ce qui libère l'ordre des mots — et ce qui oblige à décliner.

En français, la fonction d'un mot se lit à sa place dans la phrase : « le chat voit le chien » et « le chien voit le chat » emploient les mêmes mots et disent le contraire. La position fait tout le travail.

Le russe procède autrement : il marque la fonction sur le mot, par une terminaison. Ко́шка ви́дит соба́ку et Соба́ку ви́дит ко́шка signifient exactement la même chose, parce que -у sur соба́ку dit « objet » où qu'elle se trouve dans la phrase.

Les six cas et leur question

CasNom russeQuestionRôle principal
Nominatifимени́тельныйкто? что?sujet, attribut
Génitifроди́тельныйкого́? чего́?possession, absence, quantité
Datifда́тельныйкому́? чему́?destinataire, âge, sensation
Accusatifвини́тельныйкого́? что?objet direct, direction
Instrumentalтвори́тельныйкем? чем?moyen, accompagnement, attribut
Prépositionnelпредло́жныйо ком? о чём? где?lieu, sujet de discours

Les Russes récitent l'ordre И-Р-Д-В-Т-П ; les manuels étrangers commencent souvent par le nominatif, le prépositionnel et l'accusatif, qui sont les plus rentables.

Qui décide du cas

Trois forces imposent un cas, et une seule à la fois. La FONCTION dans la phrase : sujet au nominatif, objet direct à l'accusatif. La PRÉPOSITION : chacune régit un ou deux cas, sans exception ni liberté. Le VERBE : certains verbes exigent un cas particulier pour leur complément (помога́ть + datif, занима́ться + instrumental).

Poser la question du cas est donc un réflexe en trois temps : y a-t-il une préposition ? sinon, le verbe impose-t-il un cas ? sinon, quelle est la fonction du mot ? La leçon « Choisir le bon cas » de cette unité en fait une méthode.

Le même mot, six fois

  • Э́то брат.

    C'est le frère.

    nominatif

  • У меня́ нет бра́та.

    Je n'ai pas de frère.

    génitif

  • Я пишу́ бра́ту.

    J'écris à mon frère.

    datif

  • Я ви́жу бра́та.

    Je vois mon frère.

    accusatif (animé = génitif)

  • Я говорю́ с бра́том.

    Je parle avec mon frère.

    instrumental

  • Я ду́маю о бра́те.

    Je pense à mon frère.

    prépositionnel

Piège · Ce n'est pas « une difficulté en plus »

La déclinaison paraît être un obstacle ajouté à la langue. C'est en réalité un échange : le russe demande des terminaisons et rend en échange la liberté de l'ordre des mots, l'absence d'articles, et l'absence de verbe « être » au présent.

Six cas × trois genres × deux nombres semblent faire trente-six tableaux. En pratique, beaucoup de cases se répètent, et une dizaine de terminaisons couvrent l'essentiel de la langue parlée.

À retenir

  • La terminaison porte la fonction ; l'ordre des mots porte l'emphase.
  • Six cas, chacun avec sa question — apprendre la question, pas la liste.
  • Le cas est imposé par une préposition, un verbe, ou la fonction.
  • Aucun de ces trois déclencheurs ne laisse le choix.

Maintenant, pratique

Une règle lue s'oublie ; une règle appliquée vingt fois reste. Ces exercices portent exactement sur ce que cette leçon vient d'expliquer.